En octobre, tous les soirs à partir de minuit, TCM Cinéma vous propose une sélection des meilleurs films de Sidney Poitier.  

 

Première star noire à recevoir l’Oscar du meilleur acteur en 1964, Sidney Poitier demeure encore un symbole de la lutte contre ce racisme qui perdure aux Etats Unis, comme le prouve l’actualité récente. Acteur engagé de la lutte pour les droits civiques, il fut, d’abord, tout au long de sa très longue carrière un immense comédien, un acteur exigeant et inflexible, qui a toujours pris soin de choisir chacun de ses rôles et de ses réalisateurs, comme le prouve sur TCM Cinéma une nuit avec «  Sidney Poitier ».

 

Les plus grands cinéastes : ayant fait ses classes au théâtre, sur les planches de Broadway, véritable acteur de composition, Sidney Poitier tourna avec les plus grands réalisateurs américains, auprès desquels il s’est toujours montré d’une grande fidélité. Après avoir débuté avec Joseph Mankiewicz, il joue, entre autres, pour Martin Ritt (Paris Blues, L’homme qui tua la peur), Ralph Nelson (La bataille de la vallée du diable, Le vent de la violence), Norman Jewison (Dans la chaleur de la nuit), Richard Brooks (Le Carnaval des Dieux, Graine de violence) et Stanley Kramer (La Chaine). Poitier, lui-même cinéaste passionnant, réalisa une dizaine de longs métrages.

 

Classique et moderne: Proche de chacun de ces réalisateurs, connus respectivement pour leur style visuel très caractéristique et leurs pensées progressistes, il a signé avec eux le passage de la fin des années 50 aux années 60. Acteur très naturel, aussi décontracté que sobre, Poitier incarne avec son ami Paul Newman le renouveau complet du cinéma américain, le passage du classicisme à la modernité comme il le prouve dans Paris Blues, ode à la capitale des existentialistes de Saint-Germain-des-Prés qui emprunte par son style débonnaire et libre à la Nouvelle Vague française.

 

Première star afro américaine: d’abord relégué à des seconds rôles, comme la plupart des comédiens noirs américains jusqu’à lui, Sidney Poitier obtint enfin une tête d’affiche dans La Chaine de Stanley Kramer, le film qui fit de lui une star et qui fut pourtant interdit de projection dans certaines villes du sud des Etats Unis. Un rôle difficile puisque son personnage est au début aussi raciste que celui campé par son partenaire d’infortune campé par Tony Curtis dans un rôle qui fut d’abord offert à Robert Mitchum et que rêvait d’obtenir un certain Elvis Presley.

 

Un partenaire idéal : Comme avec Curtis dans La Chaine, Poitier a souvent joué des duos mémorables, auprès de comédiens connus pour leur exigence, tel le jeune John Cassavetes dans L’homme qui tua la peur. Dans Paris Blues, il partage l’affiche avec Paul Newman, auquel il dérobera l’Oscar du meilleur acteur en 1964. Dans la chaleur de la nuit brille de sa confrontation violente contre un shérif impitoyable campé par le toujours génial Rod Steiger. En Afrique, dans Le vent de la violence, il est au côté du britannique Michael Caine.

 

Variété des sujets politiques : Emblème de la cause noire américaine dans l’Amérique ségrégationniste des années 50, symbole de la militance pour les droits civiques, Sidney Poitier choisit de tourner dans de nombreux films progressistes pour dénoncer le racisme ambiant. Pourtant, il milita à travers ses rôles pour d’autres causes encore : dans La Bataille de la vallée du diable, les scénaristes n’ont que faire de la couleur de la peau de son personnage. C’est un western pro-indien comme L’homme qui tua la peur est avant tout un plaidoyer social contre les petits patrons qui exploitent les hommes dans les entreprises.  Quant au Vent de la violence, il s’agit d’une dénonciation en direct des crimes commis en Afrique du Sud pendant l’Apartheid.

 

Virgil Tibbs : Officier de la police de Philadelphie, spécialiste en homicide, Virgil Tibbs est plongé dans l’enfer raciste du sud du Mississippi avec Dans la chaleur de la nuit. Des oscars, une BO signée Quincy Jones, une interprétation remarquable et très peu caricaturale de Poitier en policier intraitable ont fait de ce film un classique instantané. Si bien que le producteur Walter Mirisch décide de faire rejouer au comédien ce rôle dans Appelez-moi Mr Tibbs, beaucoup plus politique que le premier volet et dans L’Organisation, final en apothéose de cette trilogie, où Tibbs se montre à cœur ouvert et dévoile son intimité familiale.

 

Un héros américain : Audacieux et controversé, film à la fois historique (sur les crimes nazis et racistes) et de psychiatrie (les sources du racisme), Pressure Point est sans aucun doute la principale source d’inspiration du grand succès de l’année : Get Out de Jordan Peele. Interviews après interviews, Morgan Freeman et Denzel Washington n’ont jamais cessé d’affirmer ce qu’ils devaient à celui qui fut, en tant qu’américano-bahaméen, consacré en 1974 par la reine, chevalier-commandeur de l’ordre de l’Empire britannique et, en 2009 récompensé par Barak Obama, de la médaille présidentielle de la liberté, la plus haute distinction civile américaine.

 

TOUS LES FILMS

TOUTES LES SÉANCES

TOUTES LES
SÉANCES
  • CYCLE JOHN CARPENTER

    CYCLE JOHN CARPENTER

  • CULTE

    CULTE

  • MERCREDI WESTERN

    MERCREDI WESTERN

  • TRILOGIE THE DARK KNIGHT

    TRILOGIE THE DARK KNIGHT

  • SÉANCE DAVID LEAN

    SÉANCE DAVID LEAN

  • UNE NUIT AVEC SIDNEY POITIER

    UNE NUIT AVEC SIDNEY POITIER

SidneyPoitier.jpg