En décembre, tous les soirs à partir de minuit, TCM Cinéma vous replonge dans la filmographie de Lauren Bacall, alias « The Look », avec 11 films et un passionnant documentaire retraçant sa carrière.

Comme l’avait souhaité le réalisateur Howard Hawks, Lauren Bacall devint immédiatement un mythe, à la seconde même où elle apparut sur une toile de cinéma. Au travers de onze films un documentaire, TCM Cinéma revient sur une véritable légende qui, loin des clichés glamour des années 40, a entièrement réinventé le statut de la star hollywoodienne et n’a jamais cessé tout au long de sa carrière de jouer et de s’amuser avec.  

THE LOOK :
L’histoire de Hollywood est riche de mythes dont l’aura extraordinaire échappe à toute notion de jeu comme à toute explication rationnelle. Parfois, un corps, un visage, une voix, une simple silhouette se prêtent à la toile, se fondent dans l’écran pour mieux le crever tels ceux de Greta Garbo ou Marlene Dietrich. Telle fut Lauren Bacall qui devint une star immense à la seconde même où elle apparut à l’écran.
Jeune mannequin encore mineur, Bacall est remarquée en couverture de magazine par Slim Hawks, l’épouse du réalisateur, connue elle-même pour être la femme la plus élégante d’Amérique. L’adolescente lui fait l’effet d’une révélation alors qu’elle pose en tailleur devant une porte marquée « Service des donneurs de sang de la Croix Rouge américaine ». Hawks écoute et approuve les recommandations de son épouse qui aime le naturel du mannequin. Mais comme toutes les légendes, il est impossible de savoir le vrai du faux dans toute cette histoire et on raconte aussi que la secrétaire de Hawks, au lieu de simplement se renseigner sur la jeune Bacall, se serait trompée et lui aurait envoyée par erreur un billet pour la faire venir à Hollywood.
Bacall a donc dix sept ans et le grand Howard Hawks la désire sur son prochain film. Hawks imagine sa future star à l’opposé des clichés. Il refuse d’emblée qu’on lui refasse les dents, qu’on lui épile les sourcils ou modifie sa coiffure. Il la veut telle quelle. Seul rajout : un L au nom Bacal (qui lui vient de sa famille maternelle) pour clarifier la prononciation. Enfin, il lui demande de renforcer sa voix déjà basse, de la rendre beaucoup plus grave. L’idée de Hawks était de fabriquer une héroïne capable de tenir tête aux hommes et, en particulier, à Humphrey Bogart. Expliquant ses intentions au comédien, Hawks lui aurait simplement dit : Vous êtes l’homme le plus insolent de l’écran, et la fille va être plus insolente que vous (…) à tel point que dans chaque scène avec elle, chaque fois qu’elle s’en va vous aurez l’air d’une cloche.
 
LA PASSIONNÉE :
Dès le début du tournage du Port de L’angoisse, il devint vite évident qu’il se tramait quelque chose entre Bacall et Bogart. Une liaison qui devait pourtant rester secrète puisque Bogart était marié. Mais la passion brûle l’écran, elle est si visible que Hawks choisit de l’exploiter entièrement, notamment dans Le Grand Sommeil. A chaque scène avec elle, Bacall joue de son fameux « look », le surnom que l’Amérique vient de lui donner. En réalité, elle était si angoissée durant les prises qu’elle avait compris qu’en baissant la tête, et en promenant ses yeux sur son interlocuteur sans jamais bouger le menton, elle réussissait à contenir ses tremblements. Cette attitude, magnifiée par les éclairages de Sid Hickox, parut immédiatement une provocation sexuelle. Rarement avait-on vu une femme faire de telles avances à un homme. Dans Le Grand Sommeil, elle affiche son attirance pour son futur époux au cours de scènes fameuses de métaphores hippiques et graveleuses.
Dans Les Passagers de la Nuit de Delmer Daves, elle commence enfin à vouloir ouvrir son cœur, à laisser trahir ses sentiments dans ce qui constitue peut être le plus chaleureux des films noirs. Autre fruit fameux de sa collaboration avec Bogart, Key Largo de John Huston où elle cherche à réveiller l’héroïsme endormi de son partenaire. Dans les années 40, Bacall réinvente le jeu hollywoodien : timide, sans effets, discret, sans théâtralité. Rôle après rôle, dans des films pourtant d’aventures romantiques, elle s’amuse à taire ses sentiments, à les dissimuler puis à les laisser lentement affleurer. La plupart du temps, elle esquisse un mouvement de panique lorsque son partenaire devient trop sentimental comme Gary Cooper dans Le roi du tabac.
Sa liaison exemplaire avec Bogart, leur courage durant la chasse aux sorcières, ont renforcé l’image d’un couple existentialiste, remake hollywoodien de celui formé en Europe par Sartre et Beauvoir. Mais à la mort de « Bogey », elle met moins un frein à sa carrière qu’elle ne lui donne une tournure plus psychologique, moins glamour. Bacall cherche encore à déjouer les clichés, même ceux qu’elle a inventés la décennie suivante.

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