ONZE RAISONS DE VOIR LES QUATRE OCEAN’S
 
TCM Cinéma réalise le grand casse de ce début d’année : proposer la trilogie des quatre Ocean’s, le film original de Lewis Milestone et la trilogie de Steven Soderbergh. Une raison pour en proposer onze de redécouvrir ces classiques absolus du film de casse :
 
1 : PLUS BEAU CASTING DES ANNÉES 60
Le film de Lewis Milestone mettait à l’honneur le Rat Pack, un des plus fameux groupe de stars des années 50, composé (entre autres) de Dean Martin, Sammy Davis Jr et Peter Lawford. Sinatra en était, comme dans le film, le leader incontesté. A noter au casting, quelques femmes qui en faisaient partie, telle Angie Dickinson, héroïne de Rio Bravo. Laquelle fera une apparition dans le remake de Soderbergh, quarante ans plus tard, en spectatrice de match de boxe.
 
2 : UNE APPARITION NOMMÉE SHIRLEY MAC LAINE
Tandis que Sammy Davis Jr se voit refuser l’accès à certains hôtels de Las Vegas à cause de sa couleur de peau, une certaine Shirley Mc Laine, quitte en catimini le tournage de La Garçonnière de Billy Wilder pour venir saluer ses amis du Rat Pack. Cette irruption subite sera immortalisée sous la forme d’un caméo fameux de Mac Laine en femme passablement éméchée. 
Comment faire aussi bien que le Rat Pack ? Comment actualiser le Rat Pack en l’an 2000 ? Pour la version 2.0 de Steven Soderbergh, le réalisateur  s’entoure de Brad Pitt, George Clooney, Matt Damon, Andy Garcia, Don Cheadle et Casey Affleck qui réussissent tous à concorder leurs emplois du temps. Mais également le cinéaste Carl Reiner et le grand comédien des années 70, Elliot Gould.  A noter, dans la tradition du caméo de Mac Laine, l’apparition de Jerry Weintraub, le producteur du film, en joueur de casino et surtout de Soderbergh lui-même en braqueur de banques.
 
3 : UN TRÉSOR NOMMÉ JULIA ROBERTS
Pour Danny Ocean, braquer les plus grands casinos de Las Vegas compte moins que de ridiculiser, humilier le nouveau mari de son ex femme campée par Julia Roberts, alors au fait de sa gloire et que Soderbergh avait déjà dirigée dans Erin Brokovitch. Si bien qu’Ocean’s Eleven est une vraie comédie du remariage. Braquer et réussir son coup, c’est une façon pour Danny de séduire à nouveau sa femme et l’arracher aux mains de son rival. Le véritable trésor de Ocean’s Eleven, c’est Julia Roberts. 
 
4 : OCEAN’S ELEVEN EN HOMMAGE À KEATON ET WILDER
La désormais célèbre partie de cartes au début du film, avec des comédiens dans leur propre rôle (Holly Marie Combs, Barry Watson) est un hommage à la non moins célèbre scène de cartes dans Sunset Boulevard où était convié au côté de Gloria Swanson le vrai Buster Keaton.
 
5 : L’ÉLÉGANCE ULTIME
Ce qui distinguait jadis le Rat Pack, c’était la classe vestimentaire des crooners, l’élégance de Sinatra qui aida son ami Sammy Davis Jr à obtenir de pouvoir les suivre partout aux Etats Unis malgré la ségrégation mais également les attitudes nonchalantes de Dean Martin. Soderbergh prend cette injonction au pied de la lettre : il s’agit dès lors pour lui de réaliser le remake et ses suites les plus sophistiqués, les plus coquets de Hollywood. D’élever le blockbuster en œuvre d’art. A ce titre, Ocean’s Twelve et Ocean’s Thirteeen, doivent se regarder comme de superbes bijoux à mille facettes conçus par le plus grand orfèvre.
 
6 : UNE PREMIÈRE SUITE EUROPÉENNE
Particularité de la première suite, Ocean’s Twelve, celle-ci se déroule en Europe, à Amsterdam, à Rome, en Sicile et enfin Paris. A l’origine, le cinéaste n’avait pas songé à cette suite mais en se rendant dans la capitale italienne, il imagina une première mouture que devait d’abord réaliser John Woo. À la classe et au faste américain du premier, Soderbergh substitue un film plus sobre, mi européen mi hollywoodien, glamour à souhait, très chic, de haute couture et qui voit Brad Pitt et sa bande poursuivis par une enquêtrice particulièrement coriace interprétée par Catherine Zeta Jones.
 
7 : UN DUEL INTERNATIONAL DE VOLEURS
Autre particularité de cette suite : Vincent Cassel, dans le rôle d’un riche héritier qui se divertit en volant les plus belles pièces dans les plus beaux musées du monde. Lequel empresse Danny et ses copains de le battre en dérobant avant lui un célèbre Œuf de Fabergé qu’acquiert un musée à Rome. Cassel excelle en gentleman cambrioleur, athlète goguenard et cynique et évoque Cary Grant dans La main au collet de Hitchcock.
 
 
8 : LA REVANCHE DE BRUCE WILLIS
Dans Ocean’s Twelve, Bruce Willis fait une apparition dans son propre rôle le temps d’une scène irrésistible de drôlerie où Julia Roberts joue… Julia Roberts. Une sorte de revanche pour le comédien qui devait à l’origine interpréter Terry Benedict dans Océan’s Eleven. Un rôle qu’il a avait du refuser à cause d’un emploi du temps trop chargé… 
 
9 : LE VRAI VISAGE DES STARS
Pour Soderbergh, un autre enjeu de cette nouvelle trilogie consiste à montrer un groupe de vrais amis dans la vie mais également les acteurs au quotidien, dans leur environnement et la manière dont ils se préparent au travail ensemble. Réaliser un grand coup – dérober un casino, voler un chef d’œuvre, détruire un casino comme dans Ocean’s Thirteen - c’est un drôle de métier comme celui qui consiste à réaliser des films à grands spectacles de très haute volée et de grande qualité. Regarder tous ces films, c’est voir la façon dont tous ces grands comédiens se préparent, blaguent entre eux, se charrient sur un plateau de cinéma puis se remettent sérieusement au travail. Dans chaque épisode, Soderbergh invente des scènes où l’on voit chaque membre de la bande parler de la pluie et du beau temps, d’argent, de leurs soucis personnels. Impossible de savoir dans ces scènes si ce sont les personnages ou les comédiens qui s’expriment. Soderbergh a refait le même coup en salle cette année avec Logan Lucky.
 
10 : UN FINAL DÉLIRANT
Soderbergh et Clooney jugeaient la fin de Ocean’s Twelve « trop compliquée » pour être entièrement satisfaisante. Il a donc fallu trouver un autre moyen de conclure en beauté. Et quelle fin ! L’enjeu, cette fois, consiste ni à s’enrichir, ni à séduire son ex ou battre un concurrent mais à venger un ami trahi par un magnat interprété par… Al Pacino. Affublé de cravates ridicules, la star du Parrain, de Serpico et de Scarface joue avec bonheur et pas mal d’ironie les capitalistes bouffons, sans foi ni loi. Dans Ocean’s Thirteen, Danny et ses copains s’emploient à trouver les moyens de faire capoter un casino en empoisonnant un critique hôtelier et en provoquant un tremblement de terre. Soderbergh réussit le pari d’un troisième volet en forme de comédie burlesque et potache mais sans jamais renoncer à son élégance. Au contraire, chaque plan de ce film est un tableau, une perfection en termes de composition. Chaque raccord, une petite œuvre d’art de montage et d’inventions.
 
11 : CLAIR DE LUNE
Comédies burlesques, policières et de remariage, buddy movie champagne, films noirs de casses, polars glamour et mise en abyme de Hollywood, tous les Ocean’s depuis la version originale n’auraient pas tant de classe et d’éclat sans leurs B.O extraordinaires signées respectivement par Nelson Riddle et David Holmes pour la trilogie de Soderbergh. De nombreux tubes (dont un morceau de rap français) et autres standards de jazz émaillent tous les films. Mais c’est incontestablement l’utilisation du « Clair de Lune » de Debussy qui a fini par devenir la signature de la trilogie.

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