Dès le 2 janvier, tous les soirs à partir de minuit, TCM Cinéma rend hommage aux studiox britanniques Ealing avec 19 comédies.

Visite guidée des studios Ealing sur TCM Cinema qui met à l’honneur les plus vieux studios du monde le temps d’une rétrospective de 19 de leurs comédies réalisées dans les années 40 et 50, véritable âge d’or du cinéma britannique, parenthèse enchantée du cinéma mondial.
 
LA CRÈME DES CINÉASTES BRITISH
Souvent oubliée ou méconnue, la liste des grands réalisateurs britanniques ayant œuvré dans ces studios créés en 1896 donne pourtant le vertige : Carol Reed, Alexander Mackendrick, Basil Dearden, Robert Hammer, Charles Fend, Charles Chichton et même le grand réalisateur d’origine brésilienne Alberto Cavalcanti. Après avoir œuvré dans des documentaires et des films de guerre destinés à promulguer l’effort de guerre, la crème du cinéma british oeuvra vite à inventer le style de la comédie à l’anglaise pour amuser le public après des années de conflit.
 
LA NAISSANCE DE LA COMÉDIE À L’ANGLAISE
Dans la période de l’après guerre, le studio se spécialisa dans la comédie mordante, très grinçante et souvent impertinente. La comédie à l’anglaise née d’abord dans le giron des musicals délirants comme Penny’s Paradise de Carol Reed et Let it George. Tandis que My Learned Friend avec la star anglais Will Hay, comédie judiciaire qui n’a rien à envier aux meilleures screwball comédies américaines, le délirant et célèbre Passeport pour Pimlico et A Cor et à Cri de Charles Chrichton peuvent être considérés comme les modèles et archétype du genre, comme les actes de naissance d’un véritable Âge d’Or en Angleterre. Véritable Guerre des boutons à l’anglaise, A Cor et à Cri, mêle à la comédie une observation sociale particulièrement juste des classes populaires et compte les agissements et les combats d’une bande de mômes qui veulent parasiter les plans d’un escroc qui utilise des bandes dessinées pour transmettre des messages codés à des gangsters.
 
UNE RECETTE GAGNANTE ET PERTINENTE
Qu’est-ce que fait le succès et le modèle des comédies Ealing ? Pour les britanniques, ça ne fait pas de doute : le contexte de réalisme social comme dans A Cor et à Cri, le goût de la romance, le jeu des comédiens et cette « bonne humeur désabusée » qui voit dans un même élan le drame et la comédie se mêler. Et aussi le désir de plaire et d’amuser un public désabusé après le blitz de la Seconde Guerre Mondiale.
 
LE CONTEXTE SOCIAL
Le style Ealing se fonde moins sur l’hilarité à tout prix que sur le désir de faire rire et réfléchir, et même pleurer en même temps. Les films s’ancrent sans œillère dans un contexte social en crise et n’épargnent rien des conditions de vie des masses populaires. A ce titre Passeport pour Pimlico se montre d’une rare justesse économique en délivrant des situations fortes et inédites sur le rationnement, le protectionnisme, le fonctionnement des taxes douanières. Les studios inventaient des comédies à la fois légères et pertinentes. 
 
DÉFIANCE VIS À VIS DE L’AUTORITÉ
On retrouve dans la plupart de ces films une méfiance vis-à-vis de l’autorité, sous toutes ses formes. Les hommes doivent plus écouter leur bon sens que les injonctions gouvernementales comme en témoignent Whisky à Gogo et Tortillard pour Titfield. Ils doivent se fédérer ensemble, contre l’état, plutôt que de revenir chacun à leurs petites préoccupations. Un esprit de classe anime les comédies Ealing qui exaltent souvent le mode de vie britannique.
 
FILMS BONHEUR
La joie de vivre, l’allégresse, notamment après la guerre, illustrent les comédies Ealing. C’est particulièrement le cas de Champagne Charlie qui, comme son titre l’indique, est le film « Champagne » par excellence. Cette plongée dans l’univers du music-hall victorien à Londres est une ode déclamée à la boisson. Dans une longue scène, deux hommes se battent en duel pour inventer chacun la plus belle chanson d’amour dédiée à tous les alcools. C’est sans doute aussi un des films les plus chaleureux qui soient et donnent envie de vivre dedans, avec ses personnages hauts en couleur. 
 
LES COMÉDIES NOIRES D’ALEXANDER MACKENDRICK
S’il est un cinéaste qui a donné ses lettres de noblesse au genre, c’est bien Alexander « Sandy » Mackendrick qui est à la comédie britannique ce que fut Blake Edwards à la comédie américaine : son malin génie. Cet ancien scénariste d’origine écossaise se permet de pourfendre avec beaucoup d’ironie ses camarades anglais, avec un esprit très scottish, dans l’irrésistible Whisky à gogo où les habitants d’une île écossaise, dont le génial Basil Radford, mettent tout en œuvre pour dérober le whisky que les anglais leur ont dérobés. Dans L’homme au complet blanc, il se permet une satire particulièrement féroce du capitalisme moderne et s’offre, contre toute attente, un final en forme de délire cauchemardesque. The Maggie est une comédie très amère, plus en tout cas que la plupart des films Ealing. Se devine une défiance vis à vis de l’humanité et de la vie britannique en général. Enfin dans Tueurs de dames, peut être son film le plus célèbre et joyau du genre, il se moque de la terre entière, compose des personnages dignes de Tartuffe, baigne sa comédie policière d’une ambiance de conte à la fois macabre et enfantin.
 
LE TRIOMPHE D’ALEC GUINNESS
Acteur cynique et loufoque de la plupart des films cités de Mackendrick, Alec Guinness s’était d’abord fait un nom dans Les Grandes espérances de David Lean (cinéaste auquel il sera toujours fidèle). Il devient LA grande star anglaise dans De la coupe aux lèvres de Charles Fend sur les rivalités entre gallois et anglais, mais surtout dans Noblesse Oblige de Robert Hammer, sommet de l’humour noir et cruel et qui voit un aristocrate assassiner par tous les moyens, ses rivaux pour pouvoir conserver son titre de noblesse. Guinness excelle dans la cruauté avec une loufoquerie égale à celle des plus grands acteurs de la comédie à l’italienne. Dans l’étourdissant et survolté De L’or en barre de Michael Chrichton, il est Mr Holland, un pacha échoué au Brésil qui était auparavant un obscur employé qui rêvait d’une vie plus excitante et qui réalisera pour ce faire un cambriolage très particulier. 
 
L’ÉCRITURE DE T.E.B CLARKE
Avec de L’or en Barre, T.E.B Clarke, gagnait enfin un Oscar, amplement mérité. Car c’est peut-être d’abord à lui que l’on doit l’esprit des films Ealing. Ce scénariste a écrit la plupart des scripts des meilleures comédies Ealing et leur a insufflé son esprit caustique et persiffleur comme en témoigne une des toutes dernières du genre : Il était un petit navire, satire maritime avec encore Alec Guinness. Dans Tortillard pour Titfield, Clarke brosse une galerie d’innombrables personnages inoubliables. Clarke sait en quelques répliques donner vie à des personnages de chair. Il a l’esprit des meilleurs satiristes et caricaturistes. 

TOUS LES FILMS

TOUTES LES SÉANCES

TOUTES LES
SÉANCES
  • SAGA OCEAN'S

    SAGA OCEAN'S

  • NUIT MAD MAX

    NUIT MAD MAX

  • CULTE

    CULTE

  • UNE NUIT AVEC LAUREN BACALL

    UNE NUIT AVEC LAUREN BACALL

  • MERCREDI WESTERN

    MERCREDI WESTERN

  • SÉANCE TERRENCE MALICK

    SÉANCE TERRENCE MALICK

  • EALING STUDIOS

    EALING STUDIOS

EalingStudios.jpg