À l’occasion des 70 ans de Stephen King, TCM Cinéma rend hommage au maître de l’horreur avec sept films adaptés de ses romans et un documentaire.

 

Stephen King, le champion toutes catégories confondues de l’adaptation au cinéma, fête ses 70 ans. En parallèle à la sortie en salle de Ça, TCM Cinéma propose un cycle de films qui prouvent que si l’imagination débridée du romancier a fourni une grande variété de visions paranoïaques aux plus grands cinéastes, toutes ses histoires racontent l’enfer de l’artiste et les affres de la création dans une Amérique criminelle.

 

Misery, c’est le cauchemar de tout écrivain. La rencontre entre un auteur à succès et son public, incarné par la plus folle d’entre elle. En 1990, Rob Reiner, le réalisateur de Quand Harry rencontre Sally, trouvait en Kathy Bates l’actrice idéale pour donner toute sa mesure à la mauvaise conscience d’un écrivain qui avait choisi de tuer son héros pour se réinventer et se rêver en génie littéraire plutôt qu’en auteur de best seller. Torturé, amputé, choyé puis malmené par son bourreau pervers, dans ce film, le personnage du romancier campé par James Caan, véritable double de King, subit tous les outrages pour avoir cru qu’une grande œuvre littéraire ne pouvait être un succès de librairie.

 

La part des ténèbres, au début des années 90, George Romero, le créateur de La nuit des morts vivants, adaptait cet autre roman sur la crise de confiance d’un écrivain, décidé à faire assassiner son double littéraire, sous le nom duquel il écrivait jusqu’alors. Film violent sur la dualité de l’artiste, La part des ténèbres montre aussi que toute œuvre d’art est un alliage subtil de talent, d’imagination mais aussi de calcul. 

 

Shining : Au début des années 80, Stanley Kubrick pénétrait à l’intérieur de la tête d’un écrivain malade qui se rendait compte que le talent lui manquait peut être. Le manque d’inspiration libère ses pulsions destructrices et suicidaires. Assailli de visions morbides, se croyant persécuté mais surtout jugé par un fils schizophrène et une épouse étrange, Jack Torrance sombre dans la folie dans un hôtel dont l’architecture labyrinthique s’apparente à son cerveau malade.

 

Comme Shining, Simetierre nourrit la mauvaise conscience américaine face à l’ethnocide indien. A proximité d’un cimetière indien, des hommes meurent un par un, d’étranges accidents se produisent jusqu’à l’apparition d’un zombie vengeur. Dans ce film, c’est l’Amérique qui, à la manière d’un artiste, réinvente sa propre histoire pour changer l’ancienne.

 

Carrie est la première adaptation du maître. Le film de De Palma, qui contribua à faire connaître son auteur de par le monde, est un festival de visions cauchemardesques par une jeune fille qui, à la puberté, se découvre cinéaste. Carrie n’est pas comme les autres, elle voit le monde d’un autre œil, lit la laideur de l’Amérique sous son apparence sage et glamour. Ses visions morbides font de cette artiste en herbe une voyante. Pour échapper à un destin banal, Carrie délire la mort de ses proches en réalisatrice aguerrie, enfermant ses camarades de lycée dans des cadres de cinéma et transformant sa propre mère en véritable sorcière. 

 

Dolores Claiborne emprunte à la fois à Carrie et à Misery. Cette intendante se délire comme une victime de toutes les persécutions sociales et normatives tandis que d’autres la voient comme une meurtrière. Où est la vérité ? Personne aussi redoutable qu’ambigu, Dolorès est d’abord une artiste macabre, capable de transfigurer le monde pour s’inventer une existence tragique, à la façon des plus grandes héroïnes romantiques.

 

Les évadés : sous ses apparences de buddy movie carcéral, cette adaptation par Franck Darabont (Walking Dead) du roman court écrit au début des années 80, Rita Hayworth et la Rédemption de Shawshank, est une longue complainte morbide contre l’Amérique. Ici, le monde extérieur est tout aussi anxiogène que la prison redoutable où les prisonniers tentent de survivre face à leurs geôliers sadiques. Aucun affranchissement possible pour les hommes en Amérique, ce pays où la justice n’a jamais existé. Seule libération possible pour Andy Dufresne (Tim Robbins), banquier accusé du meurtre de sa femme : devenir dans l’enfer de sa cellule, un artiste, un écrivain qui rêve à son évasion comme à la plus belle des œuvres d’art.

 

 

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