LANDIS : PRINCE DES ANNÉES 80

 

Cascades à gogo, ironie potache, érudition geek, privates jokes: TCM Cinéma se met à l’heure des années 80 en diffusant un cycle de 5 films consacrés à son prince, John Landis, le réalisateur des Blues Brothers, celui dont l’esprit a irrigué et inventé son époque. Retour sur quelques particularités qui nous rendent aujourd’hui John Landis plus proche de nous et plus visionnaire que jamais.

 

ESPRIT TÉLÉ

John Landis, prince des années 80. Succès après succès, le réalisateur des Blues Brothers, a forgé une imagerie identifiable entre mille, à la fois comique et ultra contemporaine, pop et légère, qui continue encore aujourd’hui de fasciner les nouvelles générations.

 

Né en 1950, Landis fait partie de la génération des cinéastes cinéphiles, qui comme Joe Dante ou Robert Zemeckis, a été élevée au 7ème art dont elle découvrait les chefs d’œuvre mais aussi les séries Z et les feuilletons à la télé (comme La Quatrième Dimension dont John Landis participera à l’adaptation télé avec Steven Spielberg, George Miller et Joe Dante) dans les années 60. C’est cet esprit télévisuel, dévoreur de programmes, toujours gourmand qui irrigue la plupart de ses grands succès, lesquels continuent de distiller trente ans après leur sortie les mêmes sentiments de bonheur et d’euphorie.

 

POTACHE

Pour se faire une place dans l’industrie hollywoodienne dont il rêve depuis sa plus tendre enfance, John Landis débute comme cascadeur sur les tournages des deux westerns cultes de Sergio Leone : Il était une fois dans l’ouest et Le bon, la brute et le truand. Après avoir réussi à financer une parodie de King Kong en récoltant des fonds, façon crowdfunding avant l’heure, il obtient son premier succès avec un film à sketchs, inspirés du zapping télé et dont l’esprit potache et parfois scabreux servira d’influence revendiquée aux Nuls dans les années 80 et 90. Fort de ce premier succès, Landis enchaîne avec une comédie adolescente et invente, avant les frères Farrelly et Judd Appatow, les premiers films régressifs où l’humour souvent libidineux servira de modèle à la saga des American Pie. C’est donc tout un esprit nouveau, inédit, léger et potache, impertinent, que Landis infuse au cinéma à la fin des années 70.

 

 

FESTIF

C’est pourtant au tout début des années 80 qu’il rencontre totalement les faveurs du public mondial avec une série de films cultes. Son esprit fait désormais mouche comme si Landis avait fait mieux que rencontrer son époque, mais plutôt comme s’il l’avait inventée, trouvée. C’est sa décennie. Celle dont il sera le maître en bonne humeur communicative. Celle où il peut jouer sur tous les niveaux de son immense culture et de son humour ravageur et comme l’illustre Les Blues Brothers, diffusé sur TCM Cinéma, un film inspiré d’un fameux duo de comédiens qui faisaient des sketchs pour le Saturday Night Live, une émission télé au succès foudroyant et où les plus fameux comiques américains ont fait leurs armes, comme Ben Stiller.

 

Dans ce film festif, Landis s’amuse sans tricher, en mettant en scène tout ce qui l’anime, tout ce qui lui plait, tout ce qui constitue son ADN de cinéphile et de mélomane : la comédie musicale, le blues, la soul, les cascades, les blagues à deux sous, les caméos de stars (Steven Spielberg), l’accumulation de situations loufoques, absurdes et nonsensiques. Porté par son propre enthousiasme, son adoration pour le blues et la soul qui lui permet de faire jouer et chanter ses plus grandes idoles (Aretha Franklin, Ray Charles, James Brown, Cab Calloway), ses deux comédiens et une pléiade de seconds rôles forts en gueule (dont Carrie Fischer, la Princesse Leia de Star Wars), The Blues Brothers demeure près de quarante ans après sa sortie un film toujours aussi barré, joyeux.

 

TEENAGE MOVIE

1983 est l’année du loup-garou comme le prouve le film qu’il réalise au même moment : Le loup garou de Londres, sans doute le plus beau spécimen d’une œuvre consacrée à ces créatures qui se déchainent à la pleine lune et au corps défendant de ceux qui en sont infectés. Encore une fois, Landis ne trahit pas ses modèles mais leur rend hommage avec sincérité, humour et une solide dose d’inventions pour faire peur et rire à la fois comme le prouve une scène de transformation toujours aussi excitante et saisissante aujourd’hui et qui prouve quel artisan méticuleux se cache derrière le cinéaste aux airs de grand gamin jovial et débonnaire. Rick Baker créateur des effets spéciaux recevra d’ailleurs un Oscar pour son habileté. Sur ce film d’horreur, Landis n’oublie pas comme d’habitude ses fameux caméos, ses apparitions légendaires de lui-même comme ici à la fin de ce film de jeunesse dont il avait écrit le scénario quinze ans plus tôt, en 1969, alors qu’il n’avait pas encore vingt ans. À tous les sens du terme, Le loup garou de Londres est un vrai teenage movie, un film sur la puberté et le passage à l’âge adulte.

 

SATURDAY NIGHT LIVE

Trois amigos est encore un hommage musical et western aux séries d’antan, aux trois Stooges, aux films burlesques des années 20 comme aux séries cultes des années 50 avec Jerry Lewis et Dean Martin ou Abbott et Costello. Landis redouble d’espièglerie, sans aucune méchanceté et enchaîne gags sur gags à une vitesse ahurissante avec ses trois comédiens amis, stars eux-mêmes des années 80 : Steve Martin, Martin Short et Chevy Chase, lesquels jouent ici des acteurs d’opérette qui se croient encore dans un film. Petite pépite, Trois Amigos est un concentré de l’esprit foutraque, débridé et qui ne se prend jamais au sérieux du Saturday Night Live.

 

 

CAMÉO

Avec Série noire pour une nuit blanche, il réalise une comédie d’un genre nouveau : le film de la gueule de bois. Au cours d’une virée nocturne pour tromper l’ennui de son mariage, un insomniaque s’embarque dans une course poursuite affolante pour sauver une jeune femme poursuivie par des bandits. Ce qu’invente encore John Landis ici, ce sont des situations plus importantes que l’histoire, une sombre affaire de vol d’émeraudes dont on se soucie moins que des gags innombrables. On regarde le film pour chaque scène, pour son humour à plusieurs niveaux, ses jeux de mots, ses allusions, ses traits d’esprit et les apparitions d’un casting encore plus dingue – notamment de cinéastes, qu’à l’époque des Blues Brothers : Michelle Pfeiffer, Jeff Goldblum, Dan Aykroyd, Vera Miles, David Bowie, David Cronenberg, Roger Vadim, Don Siegel, Rick Baker, Jack Arnold. Un film beau et tendre comme une soirée entre amis pour passer de belles nuits sur TCM Cinéma.

 

PRIVATE JOKES

Le prince des années 80 devait croiser un jour l’autre star absolue de la décennie, le roi du stand-up et des imitations de Michael Jackson : Eddie Murphy. Ils se sont d’abord rencontrés au début de la décennie quand ils connurent leur premier triomphe ensemble avec Un fauteuil pour deux dont, d’ailleurs deux personnages viennent faire une apparition en forme de clin d’œil dans ce Prince de New York réalisé en 1988, histoire d’un noble issu d’une tribu africaine venu chercher l’amour dans le Nouveau Monde !

Jamais John Landis n’ira aussi loin en terme de privates jokes et d’allusions que dans ce film devenu un symbole de la décennie. Tout est inventé pour créer ici un rapport de connivence, de sympathie, de mutuelle compréhension avec le spectateur. Par exemple, tout comme dans Série noire pour une nuit blanche, à l'aéroport on peut entendre une annonce demandant un certain Mr. Frank Oznowicz qui est le véritable nom de Franck Oz, acteur récurrent de Landis. Le nom de la tribu africaine dont est issu le Prince fait référence à un sketch d’une autre star américaine de l’époque : Richard Pryor. Ce type de blagues allusives est légion tout au long de cette comédie qui se regarde comme on jouit d’une sitcom à la télé, d’une série familière dont on aime retrouver les personnages comme s’ils s’agissaient d’amis. Un film idéal pour le petit écran de TCM Cinéma.

 

Cet esprit télévisuel mais toujours lucide et pertinent, John Landis ne s’en est jamais départi, notamment au cours des décennies suivantes alors que le succès ne fut plus tout à fait aussi considérable que dans les années 80. Aujourd’hui, auprès des nouvelles générations, le cinéaste barbu incarne plus que jamais une manière d’être, de faire du cinéma avec légèreté et intelligence, comme s’il s’agissait à chaque film d’inventer un nouveau programme télé, une sorte de rendez-vous complice entre amis.

LANDIS : PRINCE DES ANNÉES 80

 

Cascades à gogo, ironie potache, érudition geek, privates jokes: TCM Cinéma se met à l’heure des années 80 en diffusant un cycle de 5 films consacrés à son prince, John Landis, le réalisateur des Blues Brothers, celui dont l’esprit a irrigué et inventé son époque. Retour sur quelques particularités qui nous rendent aujourd’hui John Landis plus proche de nous et plus visionnaire que jamais.

 

ESPRIT TÉLÉ

John Landis, prince des années 80. Succès après succès, le réalisateur des Blues Brothers, a forgé une imagerie identifiable entre mille, à la fois comique et ultra contemporaine, pop et légère, qui continue encore aujourd’hui de fasciner les nouvelles générations.

 

Né en 1950, Landis fait partie de la génération des cinéastes cinéphiles, qui comme Joe Dante ou Robert Zemeckis, a été élevée au 7ème art dont elle découvrait les chefs d’œuvre mais aussi les séries Z et les feuilletons à la télé (comme La Quatrième Dimension dont John Landis participera à l’adaptation télé avec Steven Spielberg, George Miller et Joe Dante) dans les années 60. C’est cet esprit télévisuel, dévoreur de programmes, toujours gourmand qui irrigue la plupart de ses grands succès, lesquels continuent de distiller trente ans après leur sortie les mêmes sentiments de bonheur et d’euphorie.

 

POTACHE

Pour se faire une place dans l’industrie hollywoodienne dont il rêve depuis sa plus tendre enfance, John Landis débute comme cascadeur sur les tournages des deux westerns cultes de Sergio Leone : Il était une fois dans l’ouest et Le bon, la brute et le truand. Après avoir réussi à financer une parodie de King Kong en récoltant des fonds, façon crowdfunding avant l’heure, il obtient son premier succès avec un film à sketchs, inspirés du zapping télé et dont l’esprit potache et parfois scabreux servira d’influence revendiquée aux Nuls dans les années 80 et 90. Fort de ce premier succès, Landis enchaîne avec une comédie adolescente et invente, avant les frères Farrelly et Judd Appatow, les premiers films régressifs où l’humour souvent libidineux servira de modèle à la saga des American Pie. C’est donc tout un esprit nouveau, inédit, léger et potache, impertinent, que Landis infuse au cinéma à la fin des années 70.

 

 

FESTIF

C’est pourtant au tout début des années 80 qu’il rencontre totalement les faveurs du public mondial avec une série de films cultes. Son esprit fait désormais mouche comme si Landis avait fait mieux que rencontrer son époque, mais plutôt comme s’il l’avait inventée, trouvée. C’est sa décennie. Celle dont il sera le maître en bonne humeur communicative. Celle où il peut jouer sur tous les niveaux de son immense culture et de son humour ravageur et comme l’illustre Les Blues Brothers, diffusé sur TCM Cinéma, un film inspiré d’un fameux duo de comédiens qui faisaient des sketchs pour le Saturday Night Live, une émission télé au succès foudroyant et où les plus fameux comiques américains ont fait leurs armes, comme Ben Stiller.

 

Dans ce film festif, Landis s’amuse sans tricher, en mettant en scène tout ce qui l’anime, tout ce qui lui plait, tout ce qui constitue son ADN de cinéphile et de mélomane : la comédie musicale, le blues, la soul, les cascades, les blagues à deux sous, les caméos de stars (Steven Spielberg), l’accumulation de situations loufoques, absurdes et nonsensiques. Porté par son propre enthousiasme, son adoration pour le blues et la soul qui lui permet de faire jouer et chanter ses plus grandes idoles (Aretha Franklin, Ray Charles, James Brown, Cab Calloway), ses deux comédiens et une pléiade de seconds rôles forts en gueule (dont Carrie Fischer, la Princesse Leia de Star Wars), The Blues Brothers demeure près de quarante ans après sa sortie un film toujours aussi barré, joyeux.

 

TEENAGE MOVIE

1983 est l’année du loup-garou comme le prouve le film qu’il réalise au même moment : Le loup garou de Londres, sans doute le plus beau spécimen d’une œuvre consacrée à ces créatures qui se déchainent à la pleine lune et au corps défendant de ceux qui en sont infectés. Encore une fois, Landis ne trahit pas ses modèles mais leur rend hommage avec sincérité, humour et une solide dose d’inventions pour faire peur et rire à la fois comme le prouve une scène de transformation toujours aussi excitante et saisissante aujourd’hui et qui prouve quel artisan méticuleux se cache derrière le cinéaste aux airs de grand gamin jovial et débonnaire. Rick Baker créateur des effets spéciaux recevra d’ailleurs un Oscar pour son habileté. Sur ce film d’horreur, Landis n’oublie pas comme d’habitude ses fameux caméos, ses apparitions légendaires de lui-même comme ici à la fin de ce film de jeunesse dont il avait écrit le scénario quinze ans plus tôt, en 1969, alors qu’il n’avait pas encore vingt ans. À tous les sens du terme, Le loup garou de Londres est un vrai teenage movie, un film sur la puberté et le passage à l’âge adulte.

 

SATURDAY NIGHT LIVE

Trois amigos est encore un hommage musical et western aux séries d’antan, aux trois Stooges, aux films burlesques des années 20 comme aux séries cultes des années 50 avec Jerry Lewis et Dean Martin ou Abbott et Costello. Landis redouble d’espièglerie, sans aucune méchanceté et enchaîne gags sur gags à une vitesse ahurissante avec ses trois comédiens amis, stars eux-mêmes des années 80 : Steve Martin, Martin Short et Chevy Chase, lesquels jouent ici des acteurs d’opérette qui se croient encore dans un film. Petite pépite, Trois Amigos est un concentré de l’esprit foutraque, débridé et qui ne se prend jamais au sérieux du Saturday Night Live.

 

 

CAMÉO

Avec Série noire pour une nuit blanche, il réalise une comédie d’un genre nouveau : le film de la gueule de bois. Au cours d’une virée nocturne pour tromper l’ennui de son mariage, un insomniaque s’embarque dans une course poursuite affolante pour sauver une jeune femme poursuivie par des bandits. Ce qu’invente encore John Landis ici, ce sont des situations plus importantes que l’histoire, une sombre affaire de vol d’émeraudes dont on se soucie moins que des gags innombrables. On regarde le film pour chaque scène, pour son humour à plusieurs niveaux, ses jeux de mots, ses allusions, ses traits d’esprit et les apparitions d’un casting encore plus dingue – notamment de cinéastes, qu’à l’époque des Blues Brothers : Michelle Pfeiffer, Jeff Goldblum, Dan Aykroyd, Vera Miles, David Bowie, David Cronenberg, Roger Vadim, Don Siegel, Rick Baker, Jack Arnold. Un film beau et tendre comme une soirée entre amis pour passer de belles nuits sur TCM Cinéma.

 

PRIVATE JOKES

Le prince des années 80 devait croiser un jour l’autre star absolue de la décennie, le roi du stand-up et des imitations de Michael Jackson : Eddie Murphy. Ils se sont d’abord rencontrés au début de la décennie quand ils connurent leur premier triomphe ensemble avec Un fauteuil pour deux dont, d’ailleurs deux personnages viennent faire une apparition en forme de clin d’œil dans ce Prince de New York réalisé en 1988, histoire d’un noble issu d’une tribu africaine venu chercher l’amour dans le Nouveau Monde !

Jamais John Landis n’ira aussi loin en terme de privates jokes et d’allusions que dans ce film devenu un symbole de la décennie. Tout est inventé pour créer ici un rapport de connivence, de sympathie, de mutuelle compréhension avec le spectateur. Par exemple, tout comme dans Série noire pour une nuit blanche, à l'aéroport on peut entendre une annonce demandant un certain Mr. Frank Oznowicz qui est le véritable nom de Franck Oz, acteur récurrent de Landis. Le nom de la tribu africaine dont est issu le Prince fait référence à un sketch d’une autre star américaine de l’époque : Richard Pryor. Ce type de blagues allusives est légion tout au long de cette comédie qui se regarde comme on jouit d’une sitcom à la télé, d’une série familière dont on aime retrouver les personnages comme s’ils s’agissaient d’amis. Un film idéal pour le petit écran de TCM Cinéma.

 

Cet esprit télévisuel mais toujours lucide et pertinent, John Landis ne s’en est jamais départi, notamment au cours des décennies suivantes alors que le succès ne fut plus tout à fait aussi considérable que dans les années 80. Aujourd’hui, auprès des nouvelles générations, le cinéaste barbu incarne plus que jamais une manière d’être, de faire du cinéma avec légèreté et intelligence, comme s’il s’agissait à chaque film d’inventer un nouveau programme télé, une sorte de rendez-vous complice entre amis.

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