En octobre, TCM Cinéma consacre ses vendredis soirs à John Carpenter, cinéaste et compositeur culte, avec 8 films et un documentaire inédit et exclusif. Plongez dès le 6 octobre dans l’univers du « maître de l’horreur » grâce à une journée spéciale.

 

Scénariste, réalisateur, compositeur et même parfois monteur de ses propres films, John Carpenter est un auteur complet. Film après film, il a dessiné une œuvre singulière, franc tireuse, politique et sociale, à l’image de ses héros les plus célèbres. Au fil d’un cycle qui lui est consacré, TCM Cinéma montre l’incroyable diversité des talents et des thèmes qui parcourent l’œuvre iconoclaste du maitre de l’horreur.

 

Le village des damnés : Ayant découvert le cinéma enfant lors d’une projection d’African Queen de John Huston, John Carpenter est assurément un cinéaste cinéphile qui adore refaire à sa sauce les films classiques, de l’âge d’Or hollywoodien, qu’il a adorés. Déjà son premier long métrage, Assault, est un remake du Rio Bravo de Howard Hawks, film grâce auquel il dit avoir compris à quoi servait un réalisateur de cinéma. Du même Hawks, il réalise une nouvelle version de The Thing. Quant au Village des damnés, c’est également un remake d’un célèbre film britannique de Wolf Rilla (lui-même inspiré d’un roman), où Carpenter transpose l’intrigue aux Etats Unis. Le mal absolu, cette fois, s’est glissé dans le corps de charmants petits bambins aux cheveux blancs métalliques qui sèment la terreur par télékinésie dans un village pour assurer leur propre survie en rêvant à un monde aseptisé, dépourvu de sentiments, de compassion et d’amour. Ici, le rôle du prêtre vengeur est interprété par Mark Hamill, le héros de Star Wars.

 

Starman : Quand on pense à Carpenter, on voit tout de suite surgir des figures maléfiques, des ambiances poisseuses soutenues par la musique répétitive et minimaliste que ce joueur de piano et de violon compose lui-même à l’aide de synthétiseurs. Mais il y a un autre John, plus romantique, plus rêveur, plus « spielbergien » même, comme en témoigne Starman, sublime histoire d’amour par delà le temps et l’espace, road movie sentimental de science-fiction avec Jeff Bridges en réplique extraterrestre de l’être aimé par Karen Allen, l’héroïne et partenaire d’Indiana Jones dans Les aventuriers de l’Arche perdue

 

Prince des ténèbres : S’il y a un sujet récurrent au cinéma de Big John, c’est bien celui du Mal absolu et de sa contamination parmi les hommes. Prince des ténèbres est le deuxième volet d’une trilogie de l’apocalypse avec The Thing et plus tard L’Antre de la folie (1995). Sous influence de Lovecraft, maitre écrivain de l’horreur et de l’innommable, ces films et surtout Prince des ténèbres évoquent une fin du monde voulue depuis une autre dimension invisible des hommes et peuplée de créature innommables. Dans ce film d’épouvante, poisseux, oppressant, hanté de visions apocalyptiques, où les vers, les fourmis et autres insectes rampent sur les corps et les visages des êtres possédés, Carpenter se veut comme à son habitude provocateur et anarchiste en diable : ici le Mal, qui veut se réincarner à travers une enveloppe humaine, est entièrement célébré dans une église par une horde de dévots sataniques et mystiques.

 

New York 1997 : Carpenter se méfie des groupes. Résistants ou assaillants, l’individu perd son individualité dans le groupe. Le groupe est toujours menacé de se détruire à force de dissensions internes. Emergent donc des héros, des outsiders, des mavericks, des rebelles à l’image du plus légendaire de tous : Snake Plissken (Kurt Russel, l’acteur fétiche du cinéaste), bandeau à l’œil, treillis militaire, grosses bottes, tatouage de cobra sur le ventre et allure générale d’un leader de groupe de heavy metal. Cynique, peu loquace jusqu’au comique : Snake a la répartie courte et cinglante : « Rien à foutre de ta guerre… ni même de ton président. » Mais New York 1997 montre aussi à quel point Carpenter est un inventeur de personnages singuliers et inoubliables, portés ici par un casting 5 étoiles : la romantique et violente Maggie (Adrienne Barbeau, l’actrice fétiche du cinéaste), le sombre Duke (Isaac Hayes), le tortueux Brain (Harry Dean Stanton), l’égoïste président des Etats Unis (Donald Pleasance), le machiavélique Bob Hauk (Lee van Cleff) et le joyeux Cabbie (Ernest Borgnine).

 

The Thing : De toutes les figures maléfiques, aucune ne peut rivaliser en termes d’horreur et d’abjection avec celle de The Thing, monstre sans identité mais capable de dupliquer sa proie aux termes de métamorphoses spectaculaires et particulièrement répugnantes, effectués dans le décor anxiogène du huis clos d’une base scientifique en Antarctique. Maitre des effets spéciaux, Carpenter utilise ici les moyens les plus considérables de toute sa carrière, fournis par Universal, en s’entourant d’une équipe technique de haute volée avec, entre autres, le maquilleur Rob Bottin ou le maître du matte painting Albert Whitlock.

 

Christine : D’une commande d’une transposition d’un fameux roman de Stephen King, Carpenter accouche d’un film très personnel, dans lequel il trouve dans la figure d’une voiture - une Plymouth Fury 1958 de couleur rouge et blanche - une image de l’inconscient américain. Dans ce teen movie horrifique, Carpenter pousse le bouchon jusqu’à imaginer une scène quasi érotique de strip-tease mécanique, au cours de laquelle la voiture se reconstruit elle-même devant les yeux d’un adolescent fasciné par ses courbes. Symbole de l’American way of life de sa jeunesse, Christine est aussi un film éminemment rock’n’roll dans lequel il laisse aller son goût pour le rock des années 50 et 60, agrémentant sa B.O de tubes de Ritchie Valens, Little Richard, Buddy Holly ou Johnny Ace (chaque morceau raconte quelque chose de l’intrigue). Grand amateur de cette musique, Carpenter lui-même avait monté un groupe jadis dans lequel il reprenait les grands standards avant de rendre hommage à Elvis Presley dans un téléfilm.

 

Fog : Carpenter a toujours pris soin d’ouvrir en beauté chacun de ses films. Maitre des travellings et des lumières dans l’obscurité, ses séquences d’ouverture ou d’exposition sont des modèles cinématographiques, à l’image de celle The Fog où apparaît à l’écran une montre à gousset tandis qu’à la veillée d’un feu de bois, un vieux marin narre une histoire cauchemardesque à des enfants terrifiés. En quelques secondes, Carpenter a montré ce que sera exactement son film : un conte à faire peur. En quelques phrases, il a exposé la teneur de son intrigue : l’histoire d’un groupe de marins zombies venu se venger de ceux qui ont provoqué jadis leur naufrage.

 

Vampires : De son propre aveu, Carpenter est un réalisateur frustré de westerns. Si bien que tous ses films peuvent être vus comme des westerns sophistiqués, transposés dans des univers différents. Avec Vampires, il réalise peut-être son film le plus proche de son genre adoré : l’histoire d’une bande de mercenaires chargés de tuer des vampires et, en particulier, le plus coriace de tous : le premier vampire de l’histoire, un prêtre hérétique. À la tête de la bande, James Woods, vieux cowboy armé d’une arbalète dont les parents ont été mordus par des vampires.

 

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