CHRIS WELLES

Publié le 13/05/2015

À l'occasion de notre nouveau documentaire This is Orson Welles, sélectionné à Cannes Classics, nous avons rencontré Chris Welles qui a bien voulu répondre à quelques questions :

 

Quand et comment avez-vous pris conscience que votre père était un génie ?



J’ai pris conscience que mon père était un génie assez tard à vrai dire, alors que j’étais étudiante. Mais je m’en souviens parfaitement : ce sentiment m’est venu la première fois que j’ai vu Citizen Kane.  


Y a-t-il un film de votre père que vous aimez particulièrement ?

Le film de mon père que je préfère est sans aucun doute Falstaff. Je le lui avais dit et ça l’avait énormément touché car il considérait ce film comme son chef d’œuvre. Je me souviens d’ailleurs l’avoir entendu dire que s’il ne pouvait emporter qu’un seul de ses films au Paradis, ça serait celui-ci. Je pense que Falstaff est le film où mon père est parvenu à obtenir le résultat le plus fidèle à sa vision artistique.


Qu’avez-vous aimé dans le documentaire et le travail de Clara et Julia Kuperberg ?

J’ai beaucoup apprécié le travail de Julia et Clara Kuperberg pour le documentaire This is Orson Welles car je trouve qu’il parvient à montrer mon père tel qu’il était.  Les interventions de ses proches mais aussi de grands cinéastes permettent de le découvrir sous un jour plus personnel et moins connu du public et sont une vraie force de ce documentaire. Scorsese par exemple parvient formidablement à expliquer quelle a été la contribution de mon père au cinéma américain, et rappelle combien ses choix audacieux et précurseurs ont influencé de nombreux jeunes réalisateurs.

 

Comment vivez-vous l’hommage qui lui sera rendu à travers le monde et notamment par le festival de Cannes ?

Je suis très touchée que mon père soit aujourd’hui salué et reconnu. Il a toujours eu un lien particulier avec l’Europe car son art y était compris. C’était l’enfant terrible d’Hollywood, il vivait pour sa passion. Je me souviens qu’un jour, quand je lui disais combien j’étais triste qu’il ne parvienne à trouver les fonds pour ses films, il m’a répondu « Ne t’inquiètes pas pour moi, ils m’aimeront quand je serai mort ». Je suis vraiment fière et ravie que le documentaire This is Orson Welles ait été sélectionné par le Festival de Cannes !  


Quel est selon vous l’héritage d’Orson Welles ?


Outre les films qu’il a laissés, mon père a pour moi joué un grand rôle en se lançant parmi les premiers en tant que producteur indépendant.  Il a tourné ses films en les finançant avec son propre argent, en dehors du système des studios. Ça a inspiré un grand nombre de jeunes réalisateurs. Mon père était un véritable artiste, il n’était pas dans le compromis. C’est une qualité rare, et il est aujourd’hui salué pour cela !


Quelques mots sur TCM Cinéma ?

Je suis une inconditionnelle de TCM aux États-Unis, j’avoue d’ailleurs que je la regarde quasi toutes les nuits. C’est tellement formidable de pouvoir revoir et découvrir des films merveilleux qui ont marqué l’histoire du cinéma !

ThisIsOrsonWelles5.jpg
ThisIsOrsonWelles4.jpg