5 BONNES RAISONS DE VOIR... SHINING

Publié le 04/01/2011

Même si vous n’avez pas l’angoisse de la page blanche et que les hôtels de montagne isolés ne vous causent aucune appréhension, il y a au moins cinq bonnes raisons de voir Shining.

 

 

1)     Pour Jack Nicholson : on le sait, l’acteur s’est fait une spécialité des rôles excessifs, et son intense interprétation dans Vol au-dessus d’un nid de coucou lui a d’ailleurs valu un Oscar quatre ans auparavant. Avec Shining, il atteint un sommet dans sa carrière. Une performance que d’aucuns jugeront trop outrée. Après l’avant-première, Stanley Kubrick sollicite l’avis de Steven Spielberg. Le réalisateur de Rencontres du troisième type a apprécié, mais confesse avoir été gêné par certains aspects du film… dont l’interprétation de Nicholson. Kubrick l’interrompt :

« Cite moi tes cinq acteurs préférés.

-  Jimmy Stewart, Gary Cooper…

- Et James Cagney ?

- Je l’aime beaucoup, mais il ne fait pas partie de mes préférés.

- Voilà ton problème avec Shining. »


2)     Pour le Steadicam : dès sa mise au point en 1974 par Garrett Brown, Stanley Kubrick s’est intéressé de près à ce système de harnais et de bras articulé permettant à un opérateur caméra de filmer des travelings verticaux ou horizontaux parfaitement stables. On verra les premières utilisations du Steadicam dans des films comme Marathon Man ou Rocky – la séquence du jogging. Mais c’est dans Shining que son usage sera le plus marquant, entre autres dans le labyrinthe, permettant à Kubrick de composer des scènes inoubliables.

 


3)     Le film prouve que les meilleures adaptations prennent des libertés : Stephen King l’a assez dit et écrit au fil des années, il n’aime pas l’adaptation que Stanley Kubrick a fait de son roman, il lui reproche entre autres le choix d’interprètes très différents des personnages d’origine. Une frustration qui l’amena à co-produire une mini-série beaucoup plus fidèle au texte, sans labyrinthe mais avec les animaux de buis. Une rapide comparaison entre les deux suffit à établir que fidélité et qualité ne sont pas forcément synonymes.

 

4)     Les restes des grands films servent à faire d’autres grands films : la scène d’ouverture, une vue aérienne des montagnes du Colorado, où la caméra semble poursuivre la Volkswagen de Jack Torrance, est inoubliable. De nombreuses prises furent nécessaires, mais les chutes ne furent pas perdues pour tout le monde : lorsque Ridley Scott du composer une fin ‘optimiste’ pour le premier montage de Blade Runner, il récupéra certaines images de vol et s’en servit comme transparences. En cinéma comme en physique, rien ne perd, rien ne se crée, tout se transforme.

 

5)     Vous pourrez le revoir une fois par an, vous ne saurez toujours pas si Jack Torrance est fou ou non.

 

Franck Suzanne

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