5 BONNES RAISONS DE VOIR... LA TOUR INFERNALE

Publié le 12/04/2012

Galvanisé par le succès de L’Aventure du Poseïdon deux ans auparavant, Irwin Allen sort sa panoplie de Monsieur Plus pour produire l’alpha et l’oméga du film catastrophe : plus de stars, plus d’argent, plus de destruction massive. Et accouche d’un monument encore inégalé dans son genre.

 

1) Une distribution 5 Étoiles et hétérogène : sérieusement, des affiches de ce calibre, vous n’en trouverez pas souvent. Et il y en a pour tous les goûts. Tout en haut, le couple Paul Newman/Steve McQueen, la coolitude à l’État pur, maîtrise du port du polo orange en toute dignité, garanti 100% pur glamour Nouvel Hollywood, avec en prime Faye Dunaway. Mais le Hollywood classique n’est pas en reste, avec une poignée de stars de l’Âge d’or en fin de carrière : William Holden, Fred Astaire, Jennifer Jones - ce sera d’ailleurs son dernier film. Mais aussi de futurs ex jeunes premiers en route pour une carrière à la télé, depuis Robert Wagner, ancien cowboy et justicier milliardaire en devenir, jusqu’à Richard Chamberlain, futur samouraï hollandais et prêtre tourmenté. Et enfin, la présence surréaliste d’un O.J. Simpson pas encore inculpé mais se laissant déjà pousser l’afro de l’inspecteur Nordberg. Contre toute attente, le cocktail fonctionne.

 

2) Une affiche idéale implique souvent des conflits en coulisses : trop d’égos pour un seul film, même hors norme ? Les rôles furent en tout cas précisément calibrés, Paul Newman et Steve McQueen exigeant d’avoir le même nombre de répliques. Mauvaise pioche pour le premier, le second n’apparaissant qu’au bout de 43 mn : Newman se fait légèrement voler la vedette durant le reste du film. De son côté, Faye Dunaway fit sa star en se présentant régulièrement en retard sur le plateau, quand elle daignait apparaître, ce qui eut le don d’agacer l’ancienne garde des comédiens, Jennifer Jones et William Holden. Jusqu’à ce que ce dernier la menace physiquement. Après quoi, elle fut d’une ponctualité parfaite. Ces jeunes !

 

3) Des films comme ça, on n’en fait plus : c’était un temps où, quand deux studios achetaient les droits de romans très similaires, ils mettaient leurs forces en commun pour produire un unique gros film, plutôt que deux en concurrence frontale, ce qui nous aurait épargné Deep Impact/Armaggedon ou Le Pic de Dante/Volcano dans les années 90. Le résultat est un film hors norme, qui prolonge et amplifie ce qui avait été créé dans L’Aventure du Poseïdon, et qui signe l’acte de naissance d’un genre, le film catastrophe, qui peinera toujours à se hisser au même niveau.

 

4) Un film d’un sadisme rare : car en dépit des années, La Tour Infernale continue à tenir la dragée haute à la plupart des films d’action contemporain en matière de gestion du rythme : l’incendie débute au bout de 20 mn, pas un temps mort sur près de trois heures, qui dit mieux ? – que de violence et de sadisme : dans combien de films passe-t-on vingt minutes à patiemment sauver un personnage qui connaitra une mort brutale une demi-heure plus tard ? Quarante ans plus tard, La Tour Infernale reste le mètre-étalon du genre.

 

5) On aimerait écrire que depuis La Tour Infernale, la spéculation immobilière ne joue plus avec la sécurité. On se contentera de souligner qu’il s’agit d’un bel hommage à l’héroïsme des pompiers.

 

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