5 bonnes raisons de voir... Jackie Brown

Publié le 15/12/2014

Ce qu’il y a de bien, avec les films de Quentin Tarantino, c’est que l’on pourrait citer les cinq mêmes bonnes raisons de le voir pour chacun d’entre eux. Tentons l’exercice.

 

 

1) La musique : Tarantino connait la musique : les BO vintage, mais aussi la soul des années 70. Il a pour habitude d’acheter des vinyls par cartons entiers, à la recherche de perles rares susceptibles de l’inspirer. Car une chanson peut lui donner l’idée d’une scène ; il peut également supprimer la scène en question si d’aventure il ne peut obtenir les droits du titre. Le résultat : des compilations idéales d’un goût sans fautes, mélanges de classiques et de trouvailles incroyables, où les styles s’entrechoquent avec harmonie. Le thème de Across 110th Street par Bobby Womack, le classique Baby Love des Supremes, les Delfonics bien sûr, mais aussi la néo country de Johnny Cash produite par Rick Rubin ou encore un extrait de la BO de Vampiros Lesbos de Jess Franco… la bande-originale de Jackie Brown ne fait pas exception.

 

2) La distribution : au générique de Jackie Brown, on croise aussi bien des habitués comme Samuel L. Jackson et Michael Bowden, ou des noms comme Robert de Niro ou Michael Keaton – qui reprendra son personnage dans Hors d’atteinte de Steven Soderbergh. Mais ce qui fait le sel du casting des films de Tarantino, c’est sa capacité à aller chercher des seconds couteaux ou des stars plus ou moins oubliées, et de les remettre sous les projecteurs, leur donnant ce qui restera souvent le rôle de leur vie. Dans Jackie Brown, on trouve Robert Forster, héros entre autres de Vigilante de William Lustig et Alligator de Lewis Teague, ainsi que d’innombrables séries télé, qui campe un très émouvant prêteur sur gage en bout de piste. Mais surtout Pam Grier, icône de la blaxploitation dont la plastique sans failles a sans doute affolé le jeune Quentin, et qu’on avait croisée depuis chez Tim Burton ou John Carpenter. Jackie Brown est entièrement à sa gloire.

 

3) Les dialogues : les comédiens se battent pour jouer dans les films de Tarantino. Car non content d’être un exceptionnel directeur d’acteurs, il leur ciselle des dialogues d’exception. Du miel pour leurs palais. En reproduire des extraits ici ne saurait leur rendre justice. À savourer en VOST, bien entendu.

 

4) La virtuosité : une virtuosité tranquille, sans ostentation. Mais le plan-séquence à la grue lors du séjour de Beaumont dans le coffre ou le découpage de la scène d’échange des sacs selon de multiples points de vue sauront vous rappeler que Quentin Tarantino est un maître de la caméra.

 

5) Le plus simple, le plus humain des Tarantino : les qualités susnommées concernent l’ensemble de la filmographie du cinéaste, pourtant Jackie Brown occupe une place à part. C’est le plus simple de ses films à ce jour : une intrigue linéaire et unique, quasi aucune rupture temporelle, pas de séquence pré-générique… C’est aussi le plus humain : pas de réflexion sur les genres cinématographiques comme dans Kill Bill ou Boulevard de la mort, seulement l’itinéraire de personnages un peu perdus, fatigués, désespérément, magnifiquement humains. Une perle, on vous dit.

 

 

Franck Suzanne

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