5 BONNES RAISONS DE VOIR... IL ÉTAIT UNE FOIS EN AMÉRIQUE

Publié le 02/02/2015

Il figure régulièrement dans les listes des meilleurs films de l’histoire du cinéma, à tel point qu’il paraitrait même superflu de lister les raisons de le voir. Tentons néanmoins l’expérience.

 

 

1) C’est le dernier Sergio Leone : d’une part, c’est une réalité, d’autre part ce n’est pas en soi une raison de voir le film. Et pourtant : pour beaucoup d’entre nous, le nom de Sergio Leone est quasi synonyme de Cinéma. Une œuvre aussi importante qu’elle est courte : sept longs-métrages. Presque autant de chefs-d’œuvre. Sergio Leone nous a quittés alors qu’il commençait les repérages des 900 jours de Leningrad, un film que nous ne pouvons que rêver. Depuis, il manque à tous les amoureux du cinéma. Qui ont un pincement au cœur en songeant que la mention « Réalisé par Sergio Leone » figurant au générique d’Il était une fois en Amérique restera la dernière.

 

2) La musique d’Ennio Morricone : je vous l’accorde, on pourrait dire ça pour à peu près tous les films dont le maestro a signé la bande originale. Sauf qu’il s’est surpassé. Pour résumer : Il était une fois en Amérique est à la flûte de Pan ce que Il était une fois dans l’Ouest était à l’harmonica : l’alpha et l’oméga qui redéfinit l’usage de l’instrument. Difficile d’entendre les premières notes du thème principal sans avoir la chair de poule. Et dire que c’est une erreur administrative qui a empêché Ennio Morricone de concourir aux Oscars…

 

3) On ne voit pas assez James Woods au cinéma : et c’est bien dommage, tant il s’agit d’un acteur remarquable. À tel point que Sergio Leone lui a demandé une performance particulièrement délicate lors de la dernière confrontation du film : après le départ de Noodles, la caméra devait se rapprocher lentement de Max jusqu’à cadrer le visage de Max, qui devait alors laisser échapper une larme. Une interprétation exigeant une concentration totale, mais qui fut brisée lorsque James Woods s’aperçut que le technicien poussant le chariot de la caméra portait une cagoule blanche le faisant ressembler à un membre du Ku Klux Klan… simplement parce qu’il ne voulait pas déranger l’acteur en le regardant. Une prise à refaire…

 

 

4) Un film rêvé : dans les passionnants entretiens qu’il a accordés à Noel Simsolo, Sergio Leone déclare que selon lui, une grande partie du film n’est qu’une rêverie de Noodles inspirée par les vapeurs d’opium. Dès lors, revoir le film s’impose, ne serait-ce que pour vérifier cette déclaration. Et mieux comprendre l’étrangeté de certaines scènes, telles que la visite de Noodles dans la loge de Deborah, dont le maquillage ne dissimule pas que son visage n’a pas pris une ride en plus de trente ans. Ou encore la fameuse scène du camion d’éboueurs, sur laquelle même James Woods n’a aucune certitude. D’ailleurs, ce n’est pas lui que l’on voit de loin, mais un autre acteur maquillé. Ce qui ajoute encore mystère et onirisme.

 

 

5) Un rêve de film : Il était une fois en Amérique a connu divers montages, dont une surréaliste version américaine de 144 mn dans l’ordre chronologique. Pourtant, nombreuses sont les scènes qui ont fini sur le sol de la salle de montage ;  et parmi elles, 45 mn de séquences jugées indispensables par Leone : une rencontre entre Noodles et Carol en 1968, des scènes entre Noodles et Eve… La version que nous vous proposons réintègre la plupart d'entre elles, issues d'une copie de travail. Et pourtant, il reste un autre Il était une fois en Amérique, sans doute définitivement perdu, un premier montage devant aboutir à deux films de trois heures, dont les liaisons entre les époques auraient été représentées par des trains se croisant. Un film que l’on ne verra jamais, et que l’on rêvera, tel Noodles allongé sur sa natte.

 

 

Franck Suzanne

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