5 BONNES RAISONS DE VOIR... HEAT

Publié le 18/05/2012

Rencontre au sommet de monstres sacrés dans l'un des meilleurs polars des années 90 : il y a au moins 5 bonnes raisons de voir "Heat".

 

1 : C’est la première confrontation Pacino/De Niro : impossible d’y échapper à la sortie du film, toute la publicité étant axée là-dessus : enfin, un film réunissait les deux acteurs les plus influents de leur génération – certes, ils partageaient l’affiche du Parrain – 2e partie, mais n’avaient bien évidemment aucune scène commune. Comment Michael Mann a-t-il organisé la confrontation entre ces deux monstres sacrés ? Le plus simplement du monde. Les deux personnages jouent au chat et à la souris pendant la première moitié du film – dont un étonnant échange de regards par écran de surveillance interposé – avant de finalement se parler lors d’une scène de sept minutes, étonnante de sobriété, toute en champs/contre-champs. Depuis, de nombreux fans se présentent au Kate Mantilini Diner en demandant la même table. 

 

2 : Pour sa scène de braquage : un film au rythme lent ponctué d’éclairs de violence, la figure de style est connue… Mais on n’avait jamais vu ça : aux deux tiers d’un film long, marqué par les silences et la musique atmosphérique, un braquage dégénère en scène de guerre urbaine. Iwo Jima au cœur de Los Angeles. Une séquence d’une brutalité inouïe, assourdissante. De celles que l’on n’oublie pas.

 

3 : Heat prouve qu’un brouillon peut être nécessaire avant de réaliser un chef d’œuvre : six ans avant Heat, Michael Mann réalisait pour la télévision L.A. Takedown. Découvrir ce téléfilm aujourd’hui est troublant, car il apparait moins comme une première version que comme un véritable brouillon de Heat : certes, il est moins long, des intrigues secondaires manquent, la mise en scène et la photographie sont moins sophistiquées. Mais pour l’essentiel, tout est déjà là. C’est le spectacle fascinant d’un auteur travaillant son œuvre avant d’en livrer une version définitive.

 

4 : Car personne ne filme Los Angeles comme Michael Mann : quand on pense « New York et cinéma », on songe immédiatement à Martin Scorsese. Pour Los Angeles, c’est Michael Mann. Nul autre cinéaste n’a su saisir et retranscrire la poésie urbaine de ces échangeurs d’autoroute, les néons, le métal. Dans ce style, il atteindra son apogée avec Collateral.

 

5 : C’est le mètre étalon du polar moderne :</strong> depuis le début des années 80, Michael Mann a contribué à redéfinir l’esthétique du film policier, de façon très visible dans des séries télé telles que Crime Story ou 2 Flics à Miami, de manière plus discrète dans des films comme Le Solitaire ou Le Sixième Sens qui en leur temps ne drainèrent qu’une poignée d’amateurs dans les salles. Posant les bases d’une nouvelle forme de polar, urbain, sophistiqué, élégant, conceptuel, qui allait durablement influencer le genre. Pour le pire – au hasard, les films d’Olivier Marchal – comme pour le meilleur – le formidable Drive de Nicholas Windings Refn, d’ailleurs récemment adoubé par Michael Mann. Redécouvrez l’original. 

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